Amusant. Fichu sur la tête et caddie à la main, la vieille dame cale pile devant la devanture propreté où l’on s’active pour l’inauguration prévue ce jour. « Bah, lâche-t-elle un brin colère, les rues sont toujours dégueulasses ». Finalement, c’est sans doute une bonne nouvelle pour l’équipe de médiateurs en écocitoyenneté qui s’apprête à prendre ses quartiers au bout de la rue Gray, face à la place Jourdan. Elle ne manquera pas de boulot.

Son job : informer et prévenir. « Pour faire en sorte, même si cela peut passer pour un vœu pieux, que la malpropreté ne soit plus un problème », imagine déjà l’échevine en charge de la Propreté à Etterbeek, l’écolo Marie-Rose Geuten. Une solide gageure en tout cas pour Thibaut, Jeanne et Cédric, le coordinateur, sur un territoire de près de 47.000 habitants sans compter les écoles et les navetteurs. « Leur mission est de parler avec les gens, d’être un peu les gentils organisateurs pour répondre aux questions et guider chacun dans les démarches pour se débarrasser des déchets ». Ils ne sont bien évidemment pas seuls sur le terrain, et peuvent notamment compter sur les alertes lancées par les autres agents de terrain, chaque service, du jardinage au balayage en passant par le stationnement, ayant mandaté une partie des troupes pour se montrer réactif en cas de problème au rayon propreté. « Qui plus est, indique Cédric, certains sont constatatateurs et ont donc la possibilité de dresser un constat même si ce n’est pas toujours simple pour eux, sachant qu’ils n’ont pas été engagés pour cela à la base mais les choses se mettent en place ». Et ce d’autant que trois personnes spécifiquement dédiée à ce travail viennent en outre d’être recrutées.

Chaque mois, les différentes équipes se réunissent par secteur. « Ils voient des choses que nous ne voyons pas, ce qui nous permet d’orienter nos actions très rapidement », précise le coordinateur. Comme cela a été fait récemment le long du chantier de l’avenue d’Auderghem ont été repérés plusieurs dépôts clandestins. Au menu, du porte-à-porte. « Pour retaper sur le clou ». Des rencontres avec les habitants qui permettent aussi de prendre le pouls de la situation. « Certains nous amènent même des pistes de solutions comme cette personne qui se demandait si on ne pouvait pas utiliser une caméra installée non loin d’un lieu régulièrement sali ». De leur côté les médiateurs disposent aussi d’une série d’affiches à apposer sur les fenêtres qui rappellent à travers l’image et donc de manière compréhensible pour touts les risques encourus pour les comportements inadaptés. Du jet de mégot à 110 euros au sac sorti en dehors des heures (85 euros). « Ce qui permet de toucher tout le monde même ceux qui ne maîtrisent ni le français ni le néerlandais », souligne l’échevine.

Petit rappel aussi à la cantonade, l’article 33 du règlement de police qui précise que chacun est tenu de maintenir son trottoir « en bon état de propreté ». À charge pour les habitants de ramasser canettes et autres déchets devant chez eux. « Ce n’est sans doute pas très agréable mais si chacun le faisait, la situation s’améliorerait », poursuit l’élue écolo tout en précisant que la traque aux malpropres est elle aussi une priorité, de nombreuses actions au long cours ou coup de poing restant au menu.

Dernière nouveauté abordée, la lutte contre les tags. Jusqu’ici la commune prenait gratuitement en charge le nettoyage sur base de la demande du propriétaire et après plainte à la police. « Ce qui représentait parfois un frein notamment quand le propriétaire habitait à l’autre bout du monde », indique Marie-Rose Geuten. Désormais, un locataire peut introduire un dossier et une plainte n’est plus obligatoire. Deuxième bonne nouvelle : la mission locale pour l’emploi a formé trois personnes pour le nettoyage des tags jusqu’ici réalisé par des entreprises privées. Ils prendront bientôt les commandes de la nouvelle machine de nettoyage acquise par Etterbeek.