Interview des mandataires Ecolo-Groen au Conseil de Police
Caroline Joway, échevine à la mobilité et Jean-Luc Debroux, conseiller communal, sont tous deux mandataires au Conseil de Police Montgomery. Nous avons été à leur rencontre pour comprendre ce que représente le Conseil de Police et en découvrir les coulisses.
En quoi consiste le conseil de police?
Le Conseil de Police de la Zone de Police Montgomery (ou ZPM 5343, couvrant les territoires des communes de Woluwe-St-Pierre, Woluwe-St-Lambert et Etterbeek) se réunit en principe, au minimum, quatre fois par an. Les 23 membres du conseil sont élus parmi les conseillers communaux des trois communes. La présidence en est assurée par le Président du Collège de Police, en l’occurrence et par rotation, par les bourgmestres des trois communes concernées.
Le Conseil de Police remplit différentes missions dont les principales sont la fixation du cadre du personnel de la police locale, la nomination/promotion/démission/mise à la pension des membres du personnel, l’approbation du budget et des comptes annuels ainsi que l’adoption des marchés de travaux/fournitures/services.
Quel est votre rôle à chacun?
Notre rôle est de veiller à la bonne gestion de la ZPM 5343 et au respect de sa mission/vision. La zone de police Montgomery a notamment pour mission, en partenariat avec le citoyen et les autres acteurs de terrain, de contribuer en permanence et de manière fondamentale au maintien de la sécurité, de la salubrité et de la tranquillité publique sur l'ensemble de son territoire.
Avant chaque conseil de police, nous en étudions attentivement l’ordre du jour. En séance, nous n’hésitons pas à poser des questions sur la pertinence de certains achats ou encore sur le budget. Nous avons également la possibilité d’interpeller le conseil de police sur certaines questions et problématiques rencontrées sur le terrain, rapportées par les habitants ou parfois découvertes dans la presse.
Pourquoi avoir choisi ce mandat?
Caroline Joway:
Depuis que je suis très jeune, j’ai toujours été « fascinée » par le travail de la police qui fait souvent l’objet de critiques dans la presse. J’ai eu envie de voir de plus près comment la police locale fonctionne et de mieux comprendre la façon dont une zone est gérée et les nombreux défis qu’elle doit relever. Si les conseils de police sont en grande partie factuels (validation de nombreux points de fonctionnement), ils sont néanmoins intéressants. En effet, il n’est pas rare que le chef de corps informe les conseillers sur des sujets dignes d’intérêt comme par exemple le plan de formation du personnel, les nouveaux projets, les statistiques en matière de vol de vélos ou de violences intrafamiliales… Cela me permet de prendre conscience de certaines réalités (pas toujours drôles) du terrain et de féliciter l’excellent travail de la ZPM en collaboration avec les communes.
De plus, en tant qu’échevine de la mobilité, je trouve qu’être conseillère de police a tout son sens.
Jean-Luc Debroux:
Pour moi, la police ce sont d’abord les hommes et les femmes en uniforme que l’on croise régulièrement en rue. Des êtres humains qui vous portent aide ou peuvent vous sanctionner. En tout état de cause des représentants de l’état et de l’ordre dont les missions multiples sont souvent beaucoup plus délicates et complexes qu’on ne le pense. La confiance entre les citoyens et les représentants de l’ordre est au cœur de ce métier très particulier, en évolution permanente pour faire face aux mutations de la société. Si cette confiance est parfois mise à mal lorsque surviennent des incidents, il me semblait important, comme citoyen et élu communal, de faire partie de cet organe de contrôle démocratique de nos pandores. Même si le conseil de police reste avant tout un lieu d’adoption de décisions techniques et de fonctionnement, il permet aussi des contacts et de riches échanges avec les représentants d’une structures essentielle au bon fonctionnement de notre vivre ensemble. Et il faut le clamer ici bien haut et fort, le chef de corps actuel de notre zone de police, son équipe de direction et ses hommes/femmes (611 personnes tout de même – ventilés en 504 opérationnels et 107 cadres logistiques!) nous prouvent régulièrement leurs qualités humaines ainsi que la profondeur de leur réflexion sur leur travail, son évolution et le souci de son devenir dans le respect de la loi et des citoyens.
Dans ce domaine quel est le sujet qui vous tient à coeur?
Caroline:
Je suis particulièrement intéressée par tout le travail de sensibilisation et de prévention qui est fait par la ZPM, en particulier avec les jeunes. Différentes actions sont menées dans cette optique (stand, rencontre avec des jeunes, en partenariat avec des écoles…). Cela me semble particulièrement intéressant.
La zone de police dispose également d’une brigade cycliste et d’une brigade à cheval (à Etterbeek). Ces deux «moyens de transport » permettent un contact plus facile (qu’en voiture)avec la population.
Je tiens à souligner également que le chef de corps, Michael Jonniaux, est un homme qui me semble profondément humain, qui a une vision et des valeurs humaines incontestables et qui tente, avec toute son équipe, de répondre aux défis et aux problématiques actuelles. Et ils sont nombreux ! Les initiatives prises par la ZPM me paraissent toutes pertinentes.
Jean-Luc:
A titre personnel et par-delà ma mission de contrôle du fonctionnement et des moyens mis à la disposition de nos policiers, je souhaite que l’état d’esprit et les modes de fonctionnements insufflés par le chef de corps actuel de la ZP Montgomery soient les plus pérennes possibles. Si le cœur du métier reste bien entendu le maintien de la sécurité et de la tranquillité publique, la manière profondément humaine avec laquelle ces missions sont actuellement appréhendées et mises en œuvre me semble très précieuse. Un bel exemple récent en est, pour moi, la participation du personnel de la ZP au programme de formation à l’accueil des victimes et plus particulièrement celles des victimes de violences sous toutes ses formes (sexuelles, intra-familiales etc .). Un mantra : au-delà la mission régalienne, toujours mettre l’humain et son bien être au centre de ses préoccupations, en interne comme en externe.
Quels sont les grands défis de la zone de police?
Les défis de la ZP Montgomery ont été détaillés dans la lettre de mission 2021-2026 de son chef de corps (voir image ci-dessus), le 1er Commissaire-divisionnaire Michaël Jonniaux , qui souhaite, pour demain, une zone de police proche et à l’écoute de ses citoyens ; qui résout leurs problèmes ; moderne et efficace ; qui accorde une attention particulière au bien-être de ses collaborateurs et veille à ce qu’ils aient un comportement intègre et respectueux. Le tout afin de pouvoir mettre en œuvre les priorités du plan zonal de sécurité 2020-2025 en matières de sécurité routière, de sécurité dans les transport en commun, pour juguler le phénomène dit des vols qualifiés (dont l’évolution sur la zone est jugée préoccupante) ainsi que la lutte contres les nuisances et incivilités. La principale ombre planant sur ce plan ambitieux sont des capacités budgétaires aujourd’hui limitées par la situation économique (indexation des salaires, coût de l’énergie, coût des nouvelles technologies et des services de certains fournisseurs etc.). D’autant que les capacités financières des trois communes de la zone ne peuvent que très difficilement suivre le mouvement et compenser des subsides fédéraux et régionaux insuffisants pour financer des missions toujours plus nombreuses.
Crédit visuel : 1er Commissaire-divisionnaire Michaël Jonniaux / ZP Montgomery 2023
