Vos élu.e.s en action - Budget 2026 à Etterbeek : plus de pression fiscale, moins de moyens pour la commune
Lors du Conseil communal d’Etterbeek, les élu·es d’Ecolo-Groen interviennent régulièrement pour analyser les décisions de la majorité et défendre une commune plus solidaire, durable et juste. Voici notre position sur le budget communal 2026.
Fin janvier, le Conseil communal d’Etterbeek examinait le budget 2026. Par la voix de notre cheffe de groupe Caroline Joway, Ecolo-Groen Etterbeek rappelait la célèbre maxime du gouverneur de New York Mario Cuomo :
« On fait campagne en poésie, mais on gouverne en prose. »
Mais quelle est aujourd’hui la prose etterbeekoise ? Et que nous dit réellement ce budget sur l’avenir de notre commune ?
Des décisions fédérales qui fragilisent les finances communales
Certaines difficultés échappent à la commune.
L’installation de l’ambassade américaine prive ainsi Etterbeek d’environ 4 millions d’euros de recettes sur un budget total de 140 millions. Pourquoi ? Parce que les surfaces commerciales sont soumises à un impôt dont les ambassades sont exemptées.
Autrement dit : une surface auparavant imposable est remplacée par… un néant fiscal.
Théoriquement, l’ambassade verse une contribution à la Région, qui doit ensuite la redistribuer aux pouvoirs locaux. Mais dans une Région bruxelloise confrontée à de fortes urgences sociales, rien ne garantit que ces moyens reviendront effectivement à Etterbeek.
L’exclusion des chômeurs : une facture transférée aux communes
Autre choc annoncé : l’exclusion de certains chômeurs décidée au niveau fédéral.
Une enveloppe de compensation a bien été prévue pour soutenir les CPAS. Mais deux problèmes majeurs subsistent : il n’est pas certain qu’elle suffise, et elle est appelée à diminuer progressivement.
Par ailleurs, cette compensation ne couvre que le revenu d’intégration. Or un CPAS intervient bien au-delà : aide pour une facture d’énergie, soutien au paiement d’un loyer, aide pour des fournitures scolaires.
Autrement dit, malgré les discours du gouvernement Arizona, une partie importante des coûts retombera sur les communes, et donc sur les Etterbeekois et Etterbeekoises.
Une réforme dont l’impact local a été ignoré
Si l’arrivée de l’ambassade américaine a surpris tout le monde, l’impact social de la réforme du chômage était prévisible.
Ecolo-Groen avait demandé à la majorité MR-Engagés (et PS) d’alerter leurs états-majors sur les conséquences pour Etterbeek. Aucune prise de position publique n’a été formulée et la réforme n’a été amendée en aucune manière.
Plus inquiétant encore : le budget du CPAS pour 2026 repose sur l’hypothèse que les dépenses resteront inchangées, comme si l’exclusion des chômeurs ne devait entraîner aucune dépense supplémentaire.
Si cette hypothèse s’avère trop optimiste, il faudra combler le déficit… par de nouvelles recettes fiscales.
La pauvreté ne disparaît pas : elle est simplement déplacée vers le niveau communal.
Fusion des zones de police : un problème de financement non résolu
En 2026 doit également intervenir la fusion des zones de police bruxelloises.
Le débat peut exister sur la pertinence d’une telle réforme. La zone Montgomery fonctionne aujourd’hui correctement et rien ne prouve qu’une centralisation soit synonyme d’efficacité.
Mais le véritable problème est ailleurs : le financement.
La répartition des moyens policiers repose toujours sur la « norme KUL », basée sur la démographie du Bruxelles des années 1990 et ignorant totalement le rôle spécifique de Bruxelles comme capitale de la Belgique, de l’Union européenne et de l’OTAN.
Résultat : les zones de police bruxelloises sont structurellement sous-financées.
Et qui paie la différence lorsque le fédéral ne suit pas ? Les communes et leurs habitants.
Une hausse importante du précompte immobilier
Face à ces charges croissantes, la majorité a choisi de relever le précompte immobilier de 17 %.
En parallèle, l’impôt des personnes physiques diminue légèrement, mais seulement de 3 %, soit sans commune mesure avec l’augmentation du précompte.
La prime « BeHome » permet de neutraliser la hausse pour les propriétaires occupant leur logement. L’idée de faire davantage contribuer les multipropriétaires peut sembler plus juste.
Mais dans un contexte sans régulation régionale contraignante des loyers, ce surcoût risque tôt ou tard d’être répercuté sur les locataires.
Or 70 % des habitants d’Etterbeek sont locataires, dans une commune où l’accès au logement est déjà particulièrement difficile.
Des services communaux mis sous pression
Cette hausse de la fiscalité permet à peine de maintenir l’équilibre budgétaire.
Dans le même temps, les services communaux sont mis à la diète.
Après une réduction de 10 % des frais de fonctionnement ces dernières années, la commune demande désormais 20 % d’économies supplémentaires à ses départements.
Pour de nombreux agents communaux, la question est simple : comment continuer à faire autant avec beaucoup moins ?
Un investissement communal en forte baisse
Le budget d’investissement chute de 11,5 à 5,8 millions d’euros.
Or une commune doit constamment entretenir et renouveler ses infrastructures : trottoirs, voiries, bâtiments publics, logements sociaux.
Réduire ces investissements revient à ralentir la capacité d’action de la commune et à reporter les problèmes dans le futur.
Notre conclusion
À la lecture de ce budget, une tendance claire se dessine.
Les citoyens et citoyennes d’Etterbeek vont devoir payer davantage pour compenser des décisions fédérales, tout en bénéficiant de services aux moyens réduits.
Pour Ecolo-Groen Etterbeek, ce budget ne protège pas, ne relance pas et ne prépare pas l’avenir.
C’est pourquoi il n’a pas reçu notre soutien.
