Le XXe siècle marque l’âge d’or du béton. On découvre alors avec joie ce matériau qui transforme la ville, en permettant un potentiel presque illimité de textures, de couleurs et de formes, pour le plus grand bonheur des architectes, et de tous finalement. On ne lui enlèvera pas ça non plus : Le béton est un matériau solide, et résistant à la compression et à la traction, très utile donc dans les constructions.

Oui mais voilà, outre sa conservation difficile, nos villes aujourd’hui en sont tapissées. Or on nous a toujours appris que « L’abus des choses en ôte le goût » et force est de reconnaître aujourd’hui que nos villes étouffent, et nous avec.

Comme l’explique le paysagiste Jean-Marc Bouillon,« ce système urbain statique, inerte, se révèle incapable d’absorber les changements. La ville dysfonctionne, elle surchauffe, elle déborde.» Entre la chaleur qui s’amplifie, la pollution qui augmente, les inondations qui se multiplient et le bruit qui dérange, la ville cumule aujourd’hui les « quatre causes d’un véritable malaise urbain ». Aidés par les périodes de canicules, nous commençons à prendre conscience que le tout-béton, imperméable, ne laisse rien passer et rend le la ville suffocante, parfois difficile à vivre. Puisqu’on ne prévoit pas d’embellies dans les années à venir, il faudra adapter nos villes. Et dé-bitumiser.

Repenser la place de la nature en ville est une piste sérieuse et depuis les années 2000, on reconnaît que la nature « apporte des réponses techniques probantes face au système urbain en crise ». C’est une approche holistique, combinant utilité, esthétique et lien social que le végétal urbain permet de développer.

Pourquoi donc dé-bitumiser et re-végétaliser notre ville ?
– Pour rendre la ville plus flexible et permettre une meilleure adaptation, grâce aux végétaux et face aux changements climatiques auxquels elle a et devra avoir à faire ;
– Pour améliorer la qualité de l’air que nous respirons ;
Pour rendre la ville plus belle, plus agréable et sereine ;
– Pour améliorer la biodiversité en ville ;
– Pour se rapprocher les un.e.s des autres, tout simplement, en pensant les espaces verts comme des lieux de rencontre, plus propices à l’échange que leurs homologues gris et durs.

Si Los Angeles a choisi d’opter pour des « chaussées fraîches » (ou cool pavements), en peignant simplement en blanc les autoroutes urbaines, d’autres villes optent pour des solutions plus globales. On songe ainsi aux jardins verticaux en Inde, à la viaverde au Mexique, aux jardins de la baie de Singapour, aux jardins de rue des Pays Bas, aux canopées urbaines de Toulouse, ou encore aux écoles végétalisées en Belgique… Autant d’exemples qui nous montrent que la ville a, comme nous, besoin d’un certain équilibre.

💚 La locale Ecolo.Groen d’Etterbeek a à cœur d’améliorer la qualité de vie dans notre commune sous toutes ses dimensions. La re-végétalisation fait partie intégrante de notre objectif de convivialité, d’esthétique et de lutte contre les dérèglements climatiques. L’enjeu est de taille, et les obstacles sont grands – il faudra accepter de repenser la place, parfois trop centrale, de la voiture, tout en opérant les changements nécessaires à la bonne mobilité de toutes et tous. Aidez-nous à rééquilibrer Etterbeek !

Dites-nous ce que vous pensez de ces questions, partagez avec nous vos idées et vos suggestions. Aidez-nous à identifier les zones à dé-bitumiser en priorité dans nos rues : où retirer des pavés, où créer des « pocket parks », où ajouter un petit parterre vert,… ?

Parsemons de touches vertes notre grise ville. C’est avec ces petits changements que nous servirons une grande vision. 🏡

Audrey Petit pour Ecolo.Groen Etterbeek