Réflexions sur l'article "Le siècle métropolitain"
Résumé de l'article "Le siècle métropolitain"
par Lorenzo Kihlgren Grandi dans le Monde Diplomatique thématique sur « les Villes, Avenir de L’Humanité ? » en février 2021. https://www.monde-diplomatique.fr/mav/175/KIHLGREN_GRANDI/62701
Une grande proportion des habitants de la terre habitent dans des villes et cette proportion augmente encore. Ce phénomène touche toutes les régions du monde. Les trois cents plus grandes villes au monde représentent moins d’un quart de la main d’œuvre mais plus de la moitié du PIB mondial, 60 à 80% de l’empreinte environnementale et l’essentiel de la croissance.
Les villes sont centrales dans le capitalisme mondialisé. Elles en cristallisent aussi les contradictions mêlant richesse, parfois démesurée, et grande précarité. Les fortes inégalités sociales, le plus souvent spatialisées, sont la norme et l’accès aux services est très inégal en fonction du statut social.
Ces disparités sociales mènent à des tensions et des mouvements réclamant plus de justice sociale : droit au logement, accès aux services, …
Pour faire face à ces tensions, de nombreuses réflexions sur la « bonne » gouvernance ont lieu. Il existe en gros deux modèles, un modèle d’autorité métropolitaine unique et un modèle de juxtaposition de communes. Le premier aura tendance à ignorer les spécificités locales et le deuxième affaiblira la cité de par la compétition et le manque de collaboration entre communes. Aucun des deux modèles ne pourrait être imposé universellement.
La crise du COVID19 a mis en évidence les fragilités de la ville. C’est en ville que se sont concentrés les impacts sanitaire et sociaux de la pandémie. Avec un impact important sur les finances publiques des villes. C’est aussi dans les villes que la solidarité et l’innovation sociale ont été les plus fortes pour atténuer l’impact.
Des milliers d’actions qualifiées de bonnes pratiques ont été déployées au cours de la crise dans les cités : pistes cyclables à Bogota, Barcelone [et Bruxelles], indicateurs de développement durable à Amsterdam, Accès universel aux services à New York, Chicago et San Francisco, Hébergement de longue durée pour sans-abris à Toronto et Montréal. Différentes organisations les ont listées.
L’auteur conclu en suggérant que le COVID19 a peut-être initié une ère de solidarités.
Voir par exemple https://unhabitat.org/wcr/ pour des idées de villes ‘résilientes’ et ‘durables’ ou ce récent rapport sur le dérèglement climatique et son impact sur Paris : https://www.paris50degres.fr/
Et à Etterbeek?
La région bruxelloise fonctionne dans un modèle hybride avec une partie des compétences gérées au niveau régional et d’autres au niveau local. Cela ne manque pas de créer des tensions tant les compétences se chevauchent. On le voit sur les travaux du métro, l’aménagement de l’avenue de Tervueren, les grands chantiers « métropolitains » sont bloqués par les intérêts locaux. A l’inverse, la déconcentration de pouvoir au niveau de la commune permet à celle-ci de déployer des services plus adaptés aux besoins de ses citoyens et de prélever des taxes pour financer ses actions qui peuvent être pondérées par le niveau de revenus de ses habitants. La solidarité métropolitaine ne joue pas dans ce cas. En région bruxelloise également l’impact du COVID a été le plus fort dans les quartiers moins favorisés socialement. La ségrégation spatiale est très forte. En ce sens, une plus grande solidarité intercommunale serait bénéfique pour tous car comme l’ont montré Wilkinson et Pickett, les auteurs du livre "« The Spirit Level: Why More Equal Societies Almost Always Do Better », le bonheur de chacun augmente lorsque les inégalités diminuent.
