Qui sommes-nous? Nos priorités Actualités agenda contact
Toutes les actualités

La lutte contre la pénurie de logements pour les plus bas revenus, à Etterbeek

11 janvier 2024

Le froid est de retour et vous avez été nombreux à nous interpeller au sujet de personnes en situation d’errance que vous avez pu croiser sur le territoire de la commune ou dans ses bouches de métro. Chaque nuit passée dehors est une nuit de trop et on partage votre souhait de venir en aide à ceux et celles que des trajectoires de vie ont amené là.


Dans l'immédiat, il convient de leur assurer un refuge où s’abriter des températures hivernales et c’est pourquoi la commune a déclenché son Plan Grand Froid qui prévoit l’ouverture, en plus de celle du Chauffoir communal, d’un second centre d’hébergement d’urgence afin de parer au plus pressé.


Au niveau régional, le Ministre bruxellois de l’Aide sociale, Alain Maron, annonçait hier la mise en route d'un plan similaire, qui prévoit la mise à disposition, au travers du Samusocial, d’un complément de place aux 7.000 solutions d’accueil existantes actuellement, et cela de façon à permettre à chaque personne puisse bénéficier d’un lit s’il le souhaite.


Si l'on aborde le problème sur le long terme, les professionnels du social sont unanimes à affirmer que le sans-abrisme est dû à diverses raisons, mais que l'une d'entre elles est la pénurie de logements pour les plus bas revenus. Or, c'est une question typiquement communale ! Et il est vrai qu'un effort plus grand peut être consenti à Etterbeek où le taux de logements à finalité sociale avoisine les 8 % et caracole en queue de peloton bruxellois, loin derrière l’objectif de 15 % par commune. On vous répondra que la chose n’est pas simple, car la commune est déjà densément bâtie, mais des solutions existent pour agir, même dans ces conditions : 


- signer des conventions d’occupation temporaire qui permettent l’exploitation de bâtiments délaissés par leurs propriétaires, souvent pour des raisons purement spéculatives. 


- assortir la délivrance de permis à la construction de grands ensembles d’habitation à de gros entrepreneurs privés au versement de charges d’urbanisme en nature sous forme d’affectation d’une part des logements construits à des unités locatives à finalité sociale. 


- explorer le principe de « community land trust » qui permet à une collectivité d’acquérir un terrain, d’y bâtir et de revendre les murs de cette construction à un prix débarrassé de la charge d’acquisition du foncier, lequel reviendrait à la communauté au décès de l’acquéreur. C’est une façon idéale de constituer un marchepied vers l’acquisition d’un chez-soi dans un contexte où cela devient de plus en plus difficile. 


- encourager des modèles d’habitats conçus d’emblée comme des communautés de vie avec des espaces partagés, rendus financièrement possibles par l’émission de bons d’emprunt aux marges basses qui représentent un placement raisonnable et permettent, par cette charge modeste d’emprunt, de maintenir des loyers très abordables au regard du marché. Cette solution présente l’avantage de composer des communautés d’habitants dont certains assument parfois des missions d’assistance d’aide aux personnes en échange de loyers rabotés (à l’image d’une communauté ixelloise de 30 unités d’habitation, dont 10 sont consacrés à des personnes en situation de handicap lourd pour lesquels les 20 autres locataires assurent une compagnie rassurante).


- multiplier les expériences de "Housing First", lesquels partent du principe que le premier pas de sortie du sans-abrisme est - somme toute logiquement - de disposer d'un chez soi qui constitue le socle d'une reconstruction de son quotidien et dont les projets pilote donnent d'excellents résultats.  


Bref, les solutions ne manquent pas, c’est parfois la volonté qui fait défaut. Notre ambition, si nous bénéficions de votre confiance, est de nous inscrire dans cette logique de renforcement de l’accessibilité au logement pour garantir à chacune et chacun un chez-soi d’où déployer son existence.

*