PRIVATISATION DU CINQUANTENAIRE PAR LES USA : TROP DE FLOU, PAS ASSEZ DE RÉPONSES
À ce jour, de nombreuses questions restent ouvertes, comme déjà soulevé lors du conseil communal du 18 mai dans le cadre de notre interpellation concernant les événements prévus le 28 juin au Cinquantenaire pour le 250e anniversaire des États-Unis.
Ce jour-là, la Ville de Bruxelles évoquait déjà, dans une note relative à la tranquillité publique et aux événements, une approbation de la zone de police concernant des restrictions pouvant aller jusqu’à 10 jours autour du parc.
Pourtant, publiquement, le bourgmestre d’Etterbeek affirme encore “un ou deux jours de fermeture, pas plus”, tout en déclarant en conseil communal ne pas être au courant de ces éléments et qu’il s'alignera sur la Ville.
Ces contradictions sont inacceptables lorsqu’il s’agit d’un parc public majeur, au cœur de décisions impliquant la Ville, la police et d’autres autorités.
Dans les faits, plusieurs documents et éléments de presse évoquent une réalité bien différente : une période de contrôles et de restrictions pouvant aller jusqu’à 10 à 12 jours, une fermeture partielle du parc entre le 21 juin et le 2 juillet, ainsi que des dispositifs d’accès confiés à des acteurs privés.
Il est également question d’un événement d’ampleur exceptionnelle : milliers d’invités sur invitation, responsables politiques belges et européens, dispositifs de sécurité renforcés, survols d’avions et feux d’artifice d’une durée de 30 minutes, ainsi qu’un concert, une occupation partielle du site et une fermeture de musées à des fins privées, le tout pouvant être soumis à des contrôles assurés par une société privée mandatée par les États-Unis.
Le parc du Cinquantenaire, l’un des principaux poumons verts d’Etterbeek et de Bruxelles, se retrouve ainsi au cœur d’un dispositif qui a des impacts directs sur les riverains, mais aussi sur le parc lui-même, sa biodiversité et la faune qui y vit.
Les nuisances liées à une telle concentration d’événements ne sont pas neutres : bruit intense, stress pour les animaux présents dans le parc (oiseaux, chauves-souris, petits mammifères), perturbation durable des écosystèmes urbains déjà fragilisés.
Cette fête fait d’ailleurs l’objet de fortes controverses. Il y a deux semaines, plusieurs associations, à l’initiative d’Extinction Rebellion, ont adressé une lettre ouverte au bourgmestre de Bruxelles et à Bruxelles Environnement pour demander de refuser le permis sollicité par l’ambassade des États-Unis. Elles dénoncent notamment le caractère disproportionné de l’événement, alors que “le nombre de personnes vivant dans la pauvreté augmente de manière exponentielle”, estimant que cette célébration fastueuse constitue “un coup de grâce pour toutes celles et ceux qui considèrent Bruxelles et l’Europe comme leur foyer”.
Et pourtant, la réponse politique reste floue, entre “rien d’officiel” et “ce n’est pas décidé”, alors même que des éléments concrets existent déjà dans les documents et les discussions.
Dans une récente interview, le bourgmestre d’Etterbeek affirme par ailleurs que la commune “n’a pas le choix”, la décision relevant du niveau fédéral et diplomatique. Les autorités locales devraient ainsi se limiter à gérer la sécurité et les conséquences, en acceptant que cela fasse partie du “lot d’une capitale”.
Nous ne partageons pas cette lecture.
Ce fatalisme politique n’est pas acceptable.
Sur le terrain, c’est toujours le flou qui domine : “peut-être un village familial, peut-être un concert, peut-être des feux d’artifice”, avec des décisions encore renvoyées à plus tard.
Dès lors, une question demeure et doit être clarifiée : soit le bourgmestre d’Etterbeek n’a pas été pleinement informé de l’ensemble des éléments discutés entre les autorités, soit ces informations sont volontairement minimisées dans le débat public et renvoyées à la presse, sans transparence suffisante vis-à-vis du conseil communal et des habitants.
Dans tous les cas, cette situation n’est pas acceptable dans une démocratie locale.
Pendant ce temps, aucune réponse claire n’est apportée sur les impacts concrets pour les riverains : accès restreint, nuisances, circulation perturbée dans un quartier déjà fortement sollicité, ni sur les coûts pour la collectivité ou la prise en charge par les organisateurs.
La question de fond reste entière : comment peut-on organiser une occupation aussi lourde d’un parc public sans transparence, sans contrôle démocratique local effectif, et sans information complète des habitants ?
Dire “nous n’avons pas le choix” ne peut pas devenir une excuse pour ne pas informer, ne pas anticiper et ne pas défendre l’intérêt des habitants.
En tant que groupe Ecolo-Groen Etterbeek, nous réaffirmons clairement notre position : le Cinquantenaire n’est pas un décor diplomatique. C’est un parc public au cœur d’un quartier vivant, qui mérite transparence, cohérence et respect.
