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Pour ne plus tomber dans le panneau

16 September 2020

Hors les affiches apposées dans les abribus et les très (trop !) nombreuses publicités accrochées aux lampadaires et boîtiers en voirie, une petite ballade d’un kilomètre et demi le long des boulevards Louis Schmidt et Saint-Michel permet de recenser pas moins de 34 panneaux publicitaires lumineux dont cinq à affichage numérique. Soit environ une « sucette » — leur petit nom urbain — de 2m2 tous les 100 mètres dans chaque direction principale de circulation! Brillant, dans tous les sens du terme. Et la nuit plus encore.


Ces panneaux sont le moyen par lequel les sociétés Clear Channel et JCDecaux nous imposent un matraquage publicitaire permanent. Un dispositif toujours plus agressif, éblouissant et énergivore auquel il nous semble aujourd’hui important de dire stop.


Que nous le voulions ou non, nous sommes exposés à ce pilonnage visuel et mental qu’amplifie désormais le déploiement des nouveaux écrans publicitaires numériques animés. Ces derniers constituent pourtant un danger avéré pour la circulation par le risque de perte d’attention qu’ils engendrent chez les automobilistes, cyclistes, trotinettistes ou piétons.


Pour ceux qui l’ignorent, une sucette numérique standard, consommerait, bon an mal an, un peu moins de 7000 kWh soit presque autant d’électricité que deux foyers bruxellois moyens sur la même période. A une époque où l’on incite nos concitoyens de faire un usage plus raisonné de l’énergie, où notre commune a adopté une motion d’urgence écologique et s’est dotée d’un plan climat, combien de temps pourrons-nous encore tolérer un tel gaspillage évitable?


Outre leur faible intégration esthétique dans le tissu urbain, ces panneaux produisent aussi, de jour mais surtout de nuit, une pollution lumineuse dont les effets néfastes sur la santé des êtres humains, des animaux et même des plantes, sont de mieux en mieux documentés.


Par leur multiplication, ces écrans participent également à la surexposition de nos concitoyens à des sollicitations et stimuli sensoriels dont les spécialistes pointent les très probables effets nocifs sur le long terme. La vie quotidienne nous expose déjà assez aux écrans numériques pour ne pas en ajouter dans nos rues.


Enfin, cerise sur le gâteau, les plus modernes d’entre-eux, muni d’une petite caméra, se transforment désormais en espions de nos vies. Dans une interview récente parue dans le Financial Times, le patron de Clear Channel, a déclaré qu’il est possible de suivre les passants jusqu’à un magasin et de voir ce qu’ils regardent et ce qu’ils achètent. En d’autres termes d’effectuer un suivi du comportement et des mouvements des personnes en rue ce qui permet aux annonceurs de montrer leurs publicités à « des segments adoptant un comportement spécifique ». Un monde pré-orwellien qui fait froid dans le dos, ne trouvez-vous pas ?


Ne nous voilons cependant pas la face, ces panneaux publicitaires sont aussi, pour Etterbeek et ses habitants, une source de revenus, via les taxes, et de confort, puisqu’en échange de leur présence, les sociétés qui les gèrent prennent à leur charge une partie du mobilier urbain et de son entretien, comme des abribus, des poubelles pour les détritus, de l’éclairage, des bancs, des stations de vélos en libre-service ou des écrans d’information et plans de ville. La question est : devons-nous réellement nous tourner vers les sociétés d’affichage publicitaire pour offrir ces services aux citoyens qui, par ailleurs, si on leur demande leur avis, rejettent massivement la présence de ces panneaux ?


Le choix est donc bien politique d’autant que la commune possède en la matière un pouvoir de décision souverain. Pour ECOLO-Groen Etterbeek ces publicités lumineuses doivent, après concertation et à la fin de leurs contrats de concession, disparaître de nos espaces publics communaux. Un objectif auquel nous entendons œuvrer prochainement avec nos partenaires. Fini de tomber dans le panneau.


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